In the year 2000, Le Débat will have reached the age of twenty and published more than one hundred issues. For a review this is not the first blush of youth, even if, for those who have put it out since the beginning (Marcel Gauchet and myself, assisted by Krzystof Pomian), every issue is always the first issue. But, from the outset, Le Débat was meant to be — I dare not say a "great" review, which would be presumptuous — at least an ambitious review, one made to last.
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En l'an 2000, Le Débat a eu vingt ans et plus de cent numéros. Pour une revue, ce n'est pas la première jeunesse, même si pour ceux qui la font (Marcel Gauchet et moi-même, assistés de Krzysztof Pomian), c'est toujours, tous les deux mois, le premier numéro. Mais dès le départ, Le Débat a été conçu pour être – je n'ose pas dire une « grande » revue – du moins une revue-autoroute, pas un chemin de campagne. Cette ambition a ses servitudes : au Débat, on ne publie pour se faire plaisir, ni pour faire plaisir aux copains. Dans un organe qui s'est voulu le rassemblement des intelligences, comme La Nouvelle Revue française (NRF) s'était voulue autrefois, dans la même maison d'édition (Gallimard), le rassemblement des talents littéraires, l'austérité est plutôt de rigueur.